Mon amie est très connue et très aimée à Oxford, elle fait le bien d’une main généreuse et discrète. Il y a trois choses chez elle qui ne sont jamais fermées: sa porte, sa bourse et son cœur.

Voilà une femme qui doit certainement se coucher tous les soirs avec la conscience satisfaite d’un Titus qui n’a point perdu sa journée.

J’emporte les meilleurs souvenirs. On est heureux d’avoir vu les lieux qu’habitent ceux qu’on aime, on vit leur vie par la pensée, on les retrouve dans leur intérieur, on les suit dans leurs habitudes, et l’on se sent plus rapproché d’eux.

La sympathie, la véritable amitié sont rares, il est bien doux de se connaître des cœurs acquis et de savoir à soi-même ses sentiments d’affection bien placés.

J’ai visité des terres charmantes, j’ai vu la plus grande ville du monde, j’ai joui des douceurs de l’amitié. Mon voyage s’est accompli sans ennuis, sans mésaventures, sans trop de fatigues, et ma plus grande joie après tous ces plaisirs, c’est de rentrer chez moi. C’est ici le cas d’appliquer le proverbe anglais qui sera toujours vrai:

There is no place like home.

JOURNAL DE SUZETTE

Je ne m’attendais pas à cette douloureuse surprise, notre traversée si courte a été affreuse!

Nous avons d’abord voyagé en chemin de fer, aperçu rapidement plusieurs comtés, les uns aux campagnes riches, bien cultivées, vraiment superbes; les autres, steppes de landes, de bruyères, de sapins, qui m’ont rappelé certaines parties de la Bretagne.