—Et vous n’avez jamais retrouvé votre bracelet?
—Jamais! ce petit service où j’économisais six francs pour ma cousine m’a coûté cher; mon bracelet, perte sèche de 800 francs, 2 courses de voiture, plus une scène de mon mari furieux, suivie d’une bouderie de plusieurs jours.
—Voilà qui n’est pas encourageant, ai-je murmuré.
—Non, aussi personne, entendez-vous bien, fut-ce le grand Turc lui-même ou le Czar de toutes les Russies, personne ne me rattrapera à faire des commissions.»
Du Bon-Marché je me suis précipitée au Louvre pour chercher le béret, là ça marchera tout seul, pensai-je.
J’ai été reçue par de jeunes factrices, dédaigneuses, mises comme des gravures de mode, ces petites plébéiennes jouant à la grande Dame et se prenant au sérieux m’ont paru cocasses.
«Nous n’avons pas ce béret, et l’on m’a renvoyée à 2 ou 3 comptoirs.
—Je suis certaine que vous avez ce béret bleu marine dans vos catalogues.
«Il fallait le dire tout de suite, nous ne nous occupons pas ici des articles de province, écrivez pour le demander.
Hein! «écrivez pour le demander.» ce n’était donc pas la peine de me déranger pour venir le prendre.