La reine Anne habita souvent le château de Blois après son second mariage, avec Louis XII, qui avait une prédilection marquée pour ce château.
La cour de la reine Anne, dit Brantôme, était une fort belle école pour les dames et les demoiselles qui, pouvant se façonner sur le modèle de la reine, restaient sages et vertueuses.
Anne est la première reine de France qui ait eu ses gardes particuliers; usant de ses prérogatives de duchesse de Bretagne, elle avait en plus des gentilhommes ordinaires de la cour, cent chevaliers, tous bretons, qui l’accompagnaient aux offices et dans ses promenades. Si ses chevaliers appartenaient aux premières familles de la Bretagne, ses dames et demoiselles d’honneur portaient les plus beaux noms de France: Charlotte d’Aragon, Anne de Bourbon, Catherine et Germaine de Foix, Blanche de Montgazon, Jeanne de Rohan-Guémenée, Catherine de Barres, Louise de Bourdeille, tante de Brantôme, et bien d’autres. Ces dames se réunissaient autour de la reine pour travailler ensemble à des ornements d’église. On garde à Blois le souvenir d’une chape, ruisselante de perles et d’or, destinée au Pape. Les bonnes mœurs, l’esprit et la grâce, qui régnaient alors à la cour de France, étaient en grande réputation dans toute l’Europe.
Mais je m’oublie, il en est toujours ainsi quand je parle de notre bonne duchesse, quand je me rappelle sa vie si courte par les années, si longue par ses œuvres et ses bienfaits.
Ce fut aussi au château de Blois, que la princesse Claude de France, sa fille, trépassa à vingt-cinq ans, le 20 juillet 1524. «Fatale année pour la France, dit un historien, car elle perdit le duché de Milan, deux armées et sa reine.»
C’est dans le château de Blois, que l’on réunit les sommes nécessaires à la rançon de celui qui pouvait écrire après la défaite de Pavie: «Tout est perdu fors l’honneur.»
François Ier préférait à Blois, Chambord; et plus tard à Chambord, Fontainebleau, qui devint sa demeure favorite, ce qui lui faisait dire quand il y allait: Je m’en vais chez moi. C’est François Ier qui fit transporter au château de Fontainebleau la belle bibliothèque du château de Blois, formée par Louis XII. Elle se composait alors d’environ mille neuf cent volumes, dont cent neuf seulement étaient imprimés. Au dire des savants, cette bibliothèque, l’orgueil de la France, faisait l’admiration de l’Europe.
Parmi tant de manuscrits précieux, on remarquait au premier rang les heures d’Anne de Bretagne, qui sont encore aujourd’hui l’un des plus riches trésors de la bibliothèque nationale.
Toutes les marges de ce précieux volume sont ornées d’une fleur, d’une plante peinte d’après nature, avec son nom en latin et en français. On en compte trois cents, exécutées avec une telle perfection, qu’on ne ferait pas mieux à présent, et que cet ouvrage est regardé comme le type le plus parfait de l’art à cette époque.
C’est à Blois, à la fin de l’année 1565, que Charles IX trama avec une patience et une dissimulation extraordinaires, l’odieuse, l’abominable St-Barthelémy.