4. Celui-là frappe la pierre espace-temps tombée du Lieu et en tire ces grandes étincelles pour éclairer la face de vierge et de mère de son amour.

5. Un de ces brandons soufflés par l’incendie de l’univers, le soleil jouet de nos jours, vient de s’envoler si loin dans le néant du ciel, que tu ne l’aperçois plus. La forêt et ses oiseaux sont un même nuage de sommeil.

6. Que savons-nous encore de celui-là qui est moins que le Rien de ton plus haut désir ? Ceci, mon fils : qu’il a soufflé pareillement à l’origine des choses — entends par là ta vraie naissance.

7. Un luminaire amant de ta pensée, laquelle est Sang, brûlant mariage du feu et de l’eau et leur fluence, partant espace et durée.

8. Et une affirmation qui est le fond de ton vertige clame en toi depuis l’éternité de ta Mémoire que le soleil diurnal qui est pourtant ton pain n’est qu’une pauvre allégorie.

9. Et que la dernière vérité solaire est en nous, bardée comme Raphaël de lumière immobile, donc seule située.

10. Quand de la plante des pieds à la frisure du poil follet tout ton être frémit du son : Oui ! alors le lieu fixe du cosmos émerge des eaux courantes de la pensée.

11. Quel lieu de magnificence c’est là, mon enfant ! Le feu et l’eau s’y copulent et fondent en une immobilité d’or : alors tout est instantanéité, totale Mémoire !

12. Et quelqu’un crie en nous — mais à briser l’espace : — Moi ! Et ce Moi n’est plus notre orgueil loqueteux, mais l’Etre premier et un, cœur immobile de Lumen. Et ce Moi, on ne sait plus s’il s’abîme en nous ou s’il nous aspire.

13. Alors les noires glandes à venin de la vie se vident dans nos mains et le bâillement de la tombe s’achève en hilarité.