Le 30ème livre est une série de visions des plus bizarres, telles que: “Je voyois le soleil à ma fenêtre, lequel me crioit: ouvre moi la porte, que j'entre en la maison; je veux entrer et tu me fermes tousjours la porte.—Autre vision, que j'estois transporté en la Turquie, avec la femme du Grand Turc, et qu'elle lisoit mes livres, et pleuroit des livres que se devoyent imprimer. Les enfants du Grand Turc et de la Turquesse ne se pouvoient lever que je ne les levasse.”
Ce livre, dans quelques exemplaires, est en double, et montre qu'il y en a eu deux éditions, chacune du même nombre de pages (24), avec une addition de neuf lignes en plus petits caractères, dans l'un d'elles.
Les 31ème et 32ème livres ne présentent aucune observation. L'un a un titre de deux feuillets, avec portraits, et se compose de 10 pages, aussi avec portraits; l'autre a douze pages et traite “des discours et interprétations des noms et surnoms des demoiselles de la Royne de France.”
Le 33ème livre est dédié à Marie de Médicis, Impératrice de hasard et de fortune, et se compose de douze pages imprimées le premier jour de l'an 1603. Bluet a l'idée originale dans ce livre d'appliquer aux damnés le contraste du froid et du chaud: “Quand il est jour au monde, ceux des enfers sont tourmentés par la glace et la froidure; d'autant qu'ils ont eu la chaleur à mal faire, Dieu les veut refroidir par la glace; et quand il est nuict au monde, ceux des enfers sont tourmentés par le feu.”
Le 34ème livre est dédié à la haute et puissante dame Henriette de Balsac, Marquise de Verneuil, Royne de beau plaisir.
Au nombre de ces visions qui n'ont aucune suite, il y en a d'assez curieuses: “Autre vision que je voyois la ressemblance de Madame la Princesse et Duchesse de Nemours, et elle s'est venue présenter à moy, en chemise, et me dist: mon amy, j'ay froid, poussez moy un peu dans ceste chambre. Autre vision que je voyois une grande Duchesse qui avoit perdu ses souliers, &c.”
Le 35ème livre de 12 pages, avec figure, présente encore des visions. Elles commencent par le récit d'un enlèvement de Bluet par un diable qui le transporte aux lieux où il est né, le pose au milieu des marais où il gardait les vaches. Puis ils se battent ensemble. Plus loin, il est aux prises avec un autre diable à cheval. Bluet lui met le mors d'une bride dans la bouche, et appelle au secours: “Je voyois le Pape et Messieurs les Cardinaux qui ne me vouloient point secourir. Je leur ay dit: sauve qui pourra, car je m'en vais le laisser aller, je ne le peus plus tenir,” &c. &c.
Les 36ème, 37ème et 38ème Livres, de 12 et 24 pages, avec figures, ne renferment également que des visions. L'une d'elles montre jusqu'à quel point la malheureuse cervelle du Comte de Permission était bouleversée par la vanité: “Il m'est apparu que j'étois transporté en la maison d'une grande dame de mes amies; j'étois accoustré d'un habit à l'antiquité, portant une palle de feu en ma main; il y avoit une table toute pleine de vesselle d'argent doré… trois capucins qui avoient une face reflambante ont dict à la compagnie qu'ils étoient venus pour me veoir, je leur suis allé parler, les larmes leur distiloient des yeux, et m'ont dict: vous avez la plus grande obligation à cestuy grand Dieu de là haut; il n'y a jamais eu pape, et n'y aura qui aye jamais pu faire ce que vous avez faict. Vos livres regneront jusqu'à la consommation du monde, vous serez tenu à merveille au dernier temps, ce que vous n'estes pour le présent; monstrez nous de vos œuvres. Je leur en ai monstré. Quand ils ont eu de mes œuvres, ils ont commencé à chanter à haulte voix: Gloire soit donnée au Grand Dieu Eternel, et bénédictions soient données à vos actions et à vos œuvres.”
“Je leur ay dict: cela n'est rien pour le présent, au prix de ce que je feray pour l'avenir, s'il plaist à Dieu. Je vais oster toutes les difficultés de toutes les divisions, y compris la Turquie,” &c. &c.
Il y a un second 38ème livre, de 12 pages, intitulé: des sentences, &c., imprimé le 27 février 1603, et dédié “à Anthoine Zamet Jacob, fils aîné du grand Abraham, et de la Victoire de Laurier, sa mère.”