Au sujet d'Astruc, disons que son livre, ayant pour titre "Conjectures sur les Mémoires originaux dont Moïse s'est servi pour la Composition de la Genèse," peut donner lieu à une quasi-mystification, vu que ce titre alléchant se réduit à soutenir la thèse, que des écrivains antérieurs à Moïse lui ont fourni des documents historiques sur les temps voisins de la création. Quant à ces chroniqueurs primitifs, il n'en désigne aucun, et pour cause. Il ne traite pas non plus, la question de l'invention de l'écriture. On s'attendrait à une plus piquante révélation.
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Annius de Viterbe.
Quoiqu'on ait accusé ce fameux Jacobin d'imposture littéraire, on a quelquefois outré les choses, comme Pineda, le Père André Schot et Goropius, qui l'ont traité de la manière du monde la plus indigne et la plus passionnée. Notre siècle paraît être un peu mieux disposé à son égard, comme le montrent quelques passages de l'ouvrage de Salverte, sur les noms d'hommes, de peuples et de lieux.
Dans la note A. du 1er volume se trouve une dissertation de 63 pages sur le degré probable d'authenticité du recueil publié par Annius de Viterbe.
On dit qu'Annius fut empoisonné en 1502 par le Duc de Valentinois. Il avait été fort attaché au Pape Alexandre VI, mais il eut le malheur, la dernière année de sa vie, de s'attirer l'inimitié de Borgia, en disant quelquefois à ce prince, des vérités qui ne lui faisaient pas plaisir.
On trouve sur Annius des détails, que ne donne pas Bayle, dans "Fragments d'histoire et de littérature," un volume in 12º, la Haye, A. Moetiens, 1706.
M. F. Lenormant vient de publier à Paris un "Essai de Commentaire des Fragments de Bérose," où entr'autres recherches très curieuses, on trouve des renseignements sur les Bibliothèques de Ninive, dont les livres étaient une collection de briques, et les parchemins, des surfaces de terre cuite.
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Boxhorn.