—Ma mère!... répondit la princesse, à laquelle l'aveu de celle-ci se présenta plus horrible en ce moment de désespérance, ma mère!... Tu ne sais pas, chère Hélène, l'affreuse découverte que je rapporte de cette entrevue?...

—Vous me désolez et m'effrayez, madame.

Elle se pencha vers mademoiselle de Tournon, pour que les murs eux-mêmes ne l'entendissent pas.

—Ma mère est à la discrétion de cet homme.

—Un ancien commerce de galanterie... toute la cour sait cela... Une vieille histoire!

—Non pas! un secret, un pacte infernal, quelque chose de monstrueux, d'innomé, accompli entre eux... il faut bien répéter le mot, un crime, dont le chancelier détient les preuves, et par lequel il gouverne ma mère!...

—Qu'avez-vous dit!...

—Comprends-tu?...

—Je comprends, répondit mademoiselle de Tournon, dont l'amitié augmentait la clairvoyance, je comprends qu'il y a un secret entre le chancelier et madame la régente, et que, si vous pénétriez ce secret, vous seriez à vous seule plus puissante qu'eux tous!...

—Oui, mais comment y parvenir?... Et puis, qui sait, ne serait-ce pas perdre ma mère!