C'était un homme et une femme, le premier d'un âge avancé, la seconde beaucoup plus jeune.
De grands manteaux bruns les enveloppaient, et des masques noirs couvraient le haut de leur visage.
En examinant bien leur silhouette, on eût reconnu que l'un et l'autre n'étaient pas dénués de moyens de défense, en cas de méchante rencontre, et que leurs manteaux étaient disposés de façon à leur en permettre l'usage.
C'était le vieillard qui servait de guide à sa compagne, mais lui-même possédait peu la clef de ces détours, ou se trouvait dérouté par les ténèbres, car il hésitait à chaque coin de ruelle, et plusieurs fois il lui fallut revenir sur ses pas.
La jeune femme le suivait avec une docilité entière, réglant son pas sur le sien, s'arrêtant quand il s'arrêtait, se hâtant s'il allait vite, rétrogradant lorsqu'il avait fait fausse route.
Non seulement pas une plainte ne lui échappait, mais son compagnon et elle n'échangeaient même aucune parole.
Ce ne fut qu'après une course assez ardue que le guide suspendit une seconde sa marche, à l'entrée d'une impasse étroite, bordée de cahutes dont les toits aigus se rapprochaient de tous les côtés, comme pour se donner l'accolade de la misère et du délabrement; et, pour la première fois rompant le silence:
—Nous voici arrivés, murmura-t-il à voix basse.
Un faible rayon de lune étant descendu jusque-là, à travers la trouée des pignons et des surplombs, il étendit la main dans la direction d'une porte basse, cintrée, seul huis percé sur toute la façade d'une des maisons de l'impasse.
Ce défaut d'ouvertures donne à cette demeure un aspect bizarre et plein de réticences.