Une autre porte s'ouvrit et donna accès dans une salle humide et basse, sans fenêtre d'aucune espèce.

Une lampe, pendue à la poutre du milieu, y brûlait sans cesse, à en juger par la couche de fumée noire qui drapait les solives comme une nappe mortuaire.

Cette salle n'avait d'autres meubles qu'un fauteuil carré, deux escabelles garnies de cuir comme lui, et une table de chêne à pieds tournés.

L'atmosphère était imprégnée surtout de l'odeur huileuse de la lampe, mais on y percevait aussi comme les émanations vagues de senteurs âcres et empyreumatiques.

Au reste, ces détails occupaient bien moins la visiteuse que la physionomie du personnage en présence duquel elle se trouvait.

Qu'on se représente un vieillard aussi vieux que l'imagination pourra le créer, vêtu d'une longue robe brune, encore garnie par devant et aux poignets de restes de fourrure. Ses cheveux blancs, épais et longs, descendaient sur ses épaules et finissaient par se confondre avec sa barbe blanche, longue et épaisse comme eux.

Une ceinture de cuir, bouclée autour de ses seins, retenait sa robe.

Il était grand et son âge, que l'on n'eût pas osé calculer tant il semblait avoir vécu, n'avait pas courbé sa taille, ni même éteint la vivacité de ses yeux.

De ses larges manches sortaient deux mains osseuses, et ce qu'on apercevait de ses bras ressemblait plus à un squelette qu'à une machine vivante.

De son côté, il embrassa de l'éclair de ses prunelles ardentes tout l'ensemble de la jeune femme; elle avait rejeté sur ses épaules le coqueluchon de son manteau, mais elle conservait son masque, et il ne demanda pas qu'elle le déposât.