—C'est un horoscope, prononça lentement l'alchimiste.

Et, là-dessus, il alla écarter le coin de l'une des tentures qui retombaient sur les fenêtres, et par l'embrasure, il regarda le ciel.

Quelques rares étoiles y scintillaient, à des espaces fort lointains les uns des autres.

—La nuit est peu propice, murmura-t-il.

Cependant il s'arma d'une lunette, à l'aide de laquelle il parcourut longtemps avec soin l'espace supérieur.

La jeune femme le suivait anxieusement du regard, dans un silence respectueux.

—J'aperçois votre étoile, fit-il au bout d'un quart d'heure.

—Parlez, parlez, maître!

Et, si brave qu'elle se fût montrée jusqu'alors, gagnée par l'influence du lieu, par les aromes subtils qu'on y respirait, par l'attirail du nécroman, par son accent bref et convaincu surtout, elle sentit son cœur battre, et retint sa respiration pour ne rien perdre des mots hachés qui lui échappaient.

—Ce n'est pas un astre ordinaire... il jette des feux singuliers... on dirait des diamants pétris de sang, de larmes et d'or... Mais est-ce bien votre étoile?... Oui, je n'en peux douter; elle scintille au centre des signes du zodiaque qui présidèrent à votre naissance...