—Mauvaises, en effet, Altesse, si ce n'est pour moi-même, du moins pour quelqu'un qui nous est si cher que nous ressentons ses adversités à l'égal des nôtres.

Marguerite, en se décidant à le recevoir, s'était préparée à entendre tout ce qui lui serait pénible: elle ne lui donna donc pas le plaisir de se montrer alarmée.

—Je ne connais, répondit-elle, qu'une personne dont le sort me touche à ce degré, c'est mon honoré et royal frère.

—C'est aussi de Sa Majesté que je veux parler.

—Eh bien, quelles nouvelles des négociations?

—Le messager arrivé aujourd'hui n'en apporte que de fâcheuses. Il est à craindre que la régence ne se prolonge encore longtemps...

—Avec votre pouvoir... insinua la princesse, sous une pointe d'ironie si imperceptible qu'il n'y avait pas moyen de s'en blesser ni de la relever.

D'autant mieux qu'elle ajouta aussi vite, en façon de correctif:

—N'était le délaissement, l'exil forcé du roi, personne ne le regretterait d'ailleurs, messire.

—Notre Altesse me flatte, fit le chancelier avec un sourire contraint; et, comme vous le dites, madame, ce délaissement, cet exil deviennent intolérables, depuis surtout que l'illustre prisonnier n'en prévoit plus le terme.