Le vieillard s'assit, et Marguerite, assistée de ses deux autres fidèles, Hélène et Michel Gerbier, prit place autour de la table, comme s'il s'agissait d'une délibération d'Etat.

Ils gardaient les prisons avec la férocité de véritables cerbères.

XVII
LE SECRET DE LA RÉGENTE.

L'alchimiste exposa d'abord la marche de sa tactique:

—Vous savez, Altesse, dit-il à Marguerite, de quelle opération je suis chargé par madame la régente, et comment elle m'a procuré un objet que je jugeais nécessaire à sa réussite. Elle a voulu être tenue au courant de mes travaux; chaque jour j'ai dû lui en donner la marche, mais jusqu'ici je lui ai dit, en même temps, qu'à ma grande surprise l'œuvre reculait au lieu d'avancer, ce qui ne pouvait provenir que d'une influence occulte, telle qu'un pacte passé antérieurement entre elle et l'homme qu'elle voulait atteindre.

Les révélations que je lui ai faites par des insinuations successives, sur la qualité, la nature de ce personnage, sur les relations qui avaient existé entre eux, l'ont surprise d'abord, puis alarmée, de telle sorte que, me croyant possesseur d'une puissance bien plus grande que celle dont je dispose, et craignant que je n'apprisse par ma science ce qu'elle avait tenu à me celer elle a préféré me l'avouer elle-même.

C'est une histoire sinistre et qui date déjà de plusieurs années, c'est-à-dire de la guerre du Milanais.

—Une funeste époque, maître, interrompit Marguerite de Valois.