Puis, comme elle se disposait à s'éloigner:
—Sans rancune, mademoiselle Henriette.
Il lui tendit sa franche et loyale main, où elle posa le bout de ses doigts.
Philippe lui prit le bras et la conduisit à petits pas, sans oser lui adresser la parole, jusqu'à la porte.
—Vous reviendrez, n'est-ce pas? lui dit-il avec émotion au moment de la laisser aller.
—Oui, fit-elle tout bas; mais ce n'est point de l'amour, au moins, n'allez pas le croire!...
Sur ce mot, elle s'échappa, pour que ses yeux ne donnassent pas un démenti à ses lèvres.
Philippe revint tout songeur à son chevalet, où M. de Jars l'attendait tranquillement.
—Vous ne m'en voulez pas non plus, lui dit celui-ci, de vous avoir éclairé sur vos propres sentiments. C'est cette adorable enfant que vous aimez; je vous l'atteste, et c'est un bonheur pour vous; car l'amour des grandes dames, voyez-vous, c'est souvent un malheur, c'est toujours un danger.
Mais le jeune homme se taisait, en proie à deux courants qui se disputaient son âme. Il n'osait croire à l'amour de Louise, et il regardait celui d'Henriette comme un rêve.