—Pour l'heure, je me contenterai d'un seul, parce que celui qui le porte est le protégé de Madame Mère, et qu'on ne connaît pas d'autre motif à la persécution qui l'atteint... Il se nomme Philippe de Champaigne...
—Et vous souhaitez la liberté de ce prisonnier?
—En l'accordant, sire, c'est aussi à Madame Mère, que vous serez agréable.
—Il suffit. Holà! monsieur de Boisenval! appela-t-il.
Le courtisan accourut.
—Qu'est-ce que j'entends? s'écria le roi, avec la véhémence qui est le courage des caractères pusillanimes, surtout quand ils ne sont pas en face de la personne dont ils ont à se plaindre. Que se passe-t-il donc dans le Louvre monsieur? Quelles persécutions exerce donc M. le cardinal à mon insu qu'il détienne sans raison les fidèles serviteurs de ma mère?...
—Ah! fit le courtisan avec un sourire mielleux. Votre Majesté veut parler de ce jeune peintre?...
—Vous prenez cela d'une façon bien légère, ce me semble...
—Votre Majesté et mademoiselle de Lafayette le comprendront et m'excuseront, quand je me serai accusé d'une inconcevable étourderie. J'ai là, dans mon pourpoint, une lettre de la fille du maître peintre de Madame Mère, annonçant à mademoiselle de Lafayette l'élargissement de ce jeune homme.
Il tira, en effet, le billet de sa poche et le remit à Louise.