Dès que le franciscain avança la tête par la petite porte du cabinet, toute l'attention du maître se tourna vers lui:
—Monsieur de Laffémas, dit-il d'un ton gracieux, ce travail nous semble tout à fait bien conçu. Nous vous remercions de votre zèle à servir les intérêts du roi. Nous ferons en sorte qu'avant peu Sa Majesté elle-même vous témoigne sa satisfaction. Mais ce dossier est volumineux; nous vous le remettrons demain avec nos remarques, s'il s'en présente.
Congédié en termes aussi galants, le lieutenant-criminel s'éloigna rempli d'une nouvelle ardeur pour un patron appréciateur si éclairé de son mérite.
L'arrivée de son confident par excellence ramena un semblant d'animation dans la personne anéantie du cardinal. Il se souleva à moitié et l'interrogea du regard.
Il saisit sur ses traits une expression de mécontentement, de déception assez surprenante pour qui avait l'habitude de son impassibilité inaltérable.
—Qu'arrive-t-il donc? lui demanda-t-il.
—Que le diable en personne se mêle de nos affaires, répondit le capucin d'un ton brusque, où se reflétait plus encore que sur sa figure sa contrariété intérieure.
—Parle; faut-il t'arracher les mots?
—Eh bien, monseigneur, vous voyez le plus mystifié des fils de Saint-François.
—Allons donc! fit Richelieu, auquel la piteuse mine de son conseiller procurait un instant de distraction; qui se serait permis?...