MADAME VAUBERGER.

C'est dommage, car le dîner est prêt… il va être perdu, et le petit va être grondé par son père… Si Monsieur n'avait pas dîné, par hasard, il m'aurait vraiment bien obligée…

MAXIME, violemment.

Allez-vous-en, vous dis-je! sortez!… (Il se lève et s'approche d'elle avec douceur.) Louison… je vous comprends… je vous remercie: mais je suis un peu souffrant ce soir: je n'ai pas faim.

MADAME VAUBERGER, avec émotion. Elle se rapproche, portant le plateau qu'elle dépose doucement sur la table devant Maxime.

Ah! monsieur Maxime! si vous saviez comme vous me mortifiez! Eh bien, vous me paierez mon dîner, là; vous me mettrez de l'argent dans la main quand il vous en reviendra; mais vous pouvez être bien sûr que quand vous me donneriez cent mille francs, ça ne me ferait pas autant de plaisir que de vous voir manger mon pauvre dîner! Ce serait une fière charité que vous me feriez, allez! vous devez pourtant bien comprendre ça, monsieur Maxime, vous qui avez de l'esprit.

MAXIME.

Eh bien, ma chère Louison, que voulez-vous? je ne peux pas vous donner cent mille francs… mais je vais manger votre dîner. (Il s'asseoit brusquement devant la table.)

MADAME VAUBERGER.

Oh! merci, monsieur Maxime, merci… vous avez bon coeur.