MAXIME.
Un emploi?
LAUBEPIN.
Mais, dame! je ne sais s'il vous agréera. Je suis arrivé ce matin de Bretagne, comme vous savez, mon ami. Il y a là, au fond du Morbihan, une famille considérable et très-opulente, la famille Laroque d'Arz dont je possède toute la confiance. Les Laroque avaient, depuis vingt ans, un homme d'affaires, un intendant, nommé Yvart, qui était un fripon. J'ai appris ces jours-ci que cet individu était fort malade; je suis immédiatement parti pour le château de Laroque, et j'ai demandé pour un ami à moi, que je n'ai point nommé, l'emploi qui, suivant toute apparence, allait devenir vacant.
MAXIME.
Mais tantôt vous ne m'aviez pas dit un mot…
LAUBEPIN.
D'abord, mon ami, j'avais à peine l'honneur de vous connaître, et je tenais à savoir avant tout quelle espèce d'homme vous étiez. Ensuite, c'est en rentrant chez moi seulement qu'une lettre de mon excellente amie, madame Laroque, m'a appris le décès définitif du sieur Yvart. Maintenant, voici les conditions: vous serez uniquement connu dans le château sous le nom de Maxime Odiot; vous habiterez un pavillon particulier. Quant à vos appointements, ils seront réglés chaque année de façon à vous permettre de penser à la dot de votre soeur. Cela vous convient-il?
MAXIME.
A merveille, et je ne sais comment vous remercier de votre prévoyante bonté… Seulement je crains d'être un homme d'affaires un peu neuf.