MAXIME.

Oui, Madame.

MADAME LAROQUE.

Vous êtes bien sûr?

MAXIME, souriant.

Mais oui, Madame, parfaitement.

MADAME LAROQUE.

Enfin, très-bien, Monsieur! Nous vous remercions beaucoup de vouloir bien nous consacrer vos talents… nous en avons grand besoin… car nous avons le malheur d'être extrêmement riches. (Madame Aubry lève les épaules.) Oui, ma chère cousine, je dis le malheur, vous avez beau lever les épaules… La richesse est pour moi un fardeau, c'est la pure vérité… moi, j'étais née pour la pauvreté, pour le dévouement, le sacrifice… j'aurais été, par exemple, une excellente soeur de charité… ou bien encore j'aurais aimé à courir le monde en bohémienne, comme ces pauvres femmes qu'on voit faire leur pauvre cuisine à l'abri des haies… C'est poétique, ça m'aurait plu… Enfin, Monsieur, le ciel en a disposé autrement; d'ailleurs cette fortune n'est pas à moi, et mon devoir est de la conserver pour ma fille, quoique la pauvre enfant n'y tienne pas plus que moi-même, n'est-ce pas, Marguerite? (Marguerite répond par un mouvement dédaigneux des sourcils.) Alain va vous montrer, Monsieur, le pavillon qui vous est destiné… Mais, auparavant, il serait bon de vous présenter à mon beau-père. Voyez, Alain, si M. Laroque peut recevoir Monsieur. Ouf! (Elle se lève péniblement en se drapant.) Eh bien, docteur, venez-vous voir ma serre?

DESMARETS.

Volontiers, Madame.