—Ainsi vous êtes peu croyante?
—On peut croire à Dieu et à l'Évangile sans croire à la religion de votre tante.
—Ma tante vous pousse au couvent… Pourquoi n'y entrez-vous pas?
—J'aime la vie.
Il la regarda un moment sans parler, et reprit:
—Oui, vous aimez la vie,—le soleil, la pensée, les arts, le luxe, tout ce qui est beau comme vous… Eh bien, mademoiselle Charlotte, tout cela est sous votre main… Pourquoi ne le prenez-vous pas?
Elle parut surprise et comme inquiète.
—Comment? dit-elle.
—Si vous avez, comme je le crois, autant de force d'âme que vous avez d'intelligence et de beauté, vous pouvez échapper pour jamais à la sujétion misérable où le sort vous a jetée. Souverainement douée comme vous l'êtes, vous pouvez être demain une grande artiste, indépendante, fêtée, opulente, adorée, maîtresse de Paris et du monde.
—Et la vôtre, n'est-ce pas? dit l'étrange fille.