Il ouvrit la barrière, et, tendant au jeune homme sa main brune et velue:

—Monsieur, poursuivit-il, j'ai beaucoup connu madame votre mère, et je suis ravi de voir son fils chez moi! C'était une aimable personne que votre mère, monsieur, et qui certainement méritait…

Le vieillard hésita, et termina sa phrase par un hem! sonore, qui retentit dans sa large poitrine comme sous une voûte d'église.

Il prit la lettre de M. de Campvallon que Camors lui présentait, et, la tenant développée à longue distance de ses yeux, il se mit à la lire sous l'ombre de la haie voisine. Le général avait prévenu le jeune comte qu'il ne croyait pas politique de révéler dès l'abord à M. Des Rameures les projets concertés entre eux. M. Des Rameures ne trouva donc dans la lettre qu'une chaude recommandation en faveur de M. de Camors, et plus bas, en post-scriptum, la nouvelle du mariage du général.

—Comment diable! s'écria M. Des Rameures. Savez-vous cela, ma nièce?
Campvallon se marie!

Les histoires de mariage ont le privilège d'éveiller l'intérêt particulier des dames. Madame de Tècle se rapprocha avec curiosité, et mademoiselle Marie elle-même prêta l'oreille.

—Comment, mon oncle, le général! Êtes-vous sûr?

—Pardieu! sans doute, j'en suis sûr, puisqu'il me le dit.
Connaissez-vous sa fiancée, monsieur de Camors?

—Mademoiselle de Luc d'Estrelles est ma cousine, monsieur.

—Ah! fort bien, monsieur. Et c'est une personne d'un certain âge, je suppose?