—Oui, oui!... Tous, nous voulons être souverains, comme en France.
—Imposer notre volonté, comme en France.
—Dicter nos lois, comme en France.
—Patience!... Encore quelques jours, et nous serons les maîtres de tout, comme en France.
Un autre disait:
—On peut commander tout ce qu'on voudra. Je ne tirerai pas... D'abord, parce que ce n'est point mon idée, ensuite parce que mon frère est avec ceux qui se battent, pour notre souveraineté. Je me serais bien battu, moi aussi... mais j'ai une femme, deux enfants...
—Moi aussi, je me serais bien battu... mais le patron, qui n'est pas pour le peuple, m'aurait mis à la porte, et je n'aurais plus d'ouvrage... Oui, mais, quand nous serons souverains, c'est nous qui mettrons les patrons à la porte...
Un petit homme, qui n'avait encore rien dit, se mit, tout à coup, à répéter, plusieurs fois, en me criblant de regards aigus, sautillants et menaçants:
—Moi, je sais bien pour qui je voterai...
Et, comme je restais muet, dans mon rang...