—Pour rien... pour rien... répondit-il.

Puis, tout à coup:

—Bah!... vous avez l'air d'un brave homme... Seulement, pas un mot à personne, hein?... Eh bien, voilà... Il arrange les poules pour une prochaine exposition... Il les met au point réglementaire...

Et, son caractère joyeux reprenant le dessus:

—Il fait de la race... ajouta-t-il, dans un rire sonore. Vous comprenez?... J'ai des sujets qui ont des qualités... mais qui ont aussi des tares... On n'est pas parfait, que diable!... Alors, j'augmente les qualités, et je détruis les tares... Je rajeunis les éperons trop vieux... Je peins en rose ou en bleu, selon l'espèce, les pattes jaunes... Je teins les plumes défectueuses... Je supprime des doigts, ou j'en rajoute, suivant le cas... Je retaille les crêtes mal faites et les mets à l'ordonnance... Très délicat, très compliqué, vous savez?... Enfin, voilà!... Que voulez-vous?... Il faut bien faire comme tout le monde... Si je vous disais qu'il y a deux ans, à Liège, j'ai enlevé le Grand Prix d'honneur, avec un mauvais lot de cochins fauves, entièrement passés au carbonyle?... Le diable m'emporte!... Ah! c'est passionnant.

Sur cette étrange confidence, nous terminâmes notre visite.


[Roi d'affaires.]

Dînant chez des amis de la colonie étrangère, je demandai à un Belge notoire, qui passe pour presque tout savoir des choses de Bruxelles, surtout les choses scandaleuses, de me conter quelques anecdotes caractéristiques, sur le roi Léopold.

Le Belge notoire sourit, et il me dit: