Sans décourager Monsieur, je m'amusais de son manège et je me promettais bien de saisir l'occasion éclatante et prochaine de le remettre vivement à sa place.

Un après-midi, je fus très surprise de le voir entrer dans la lingerie où j'étais seule à rêvasser tristement sur mon ouvrage. Le matin, j'avais eu avec M. Xavier une scène pénible et l'impression n'en était pas encore effacée... Monsieur referma la porte doucement, déposa sa serviette sur la grande table, près d'une pile de draps, et, venant à moi, il me prit les mains, les tapota. Sous la paupière battante, son oeil virait, comme celui d'une vieille poule, accouflée dans le soleil. Il était à mourir de rire.

—Célestine... dit-il... moi, j'aime mieux vous appeler Célestine... cela ne vous froisse pas?

J'avais beaucoup de peine à ne pas éclater...

—Mais non, Monsieur... répondis-je, en me tenant sur la défensive.

—Eh bien, Célestine... je vous trouve charmante... voilà!

—Vrai, Monsieur?

—Adorable, même... adorable... adorable!

—Oh! Monsieur...

Ses doigts avaient quitté ma main... ils remontaient le long de mon corsage, chargés de désirs, et de là, ils me caressaient le cou, le menton, la nuque, de petits attouchements gras, mous et pianoteurs.