—Mais toi non plus, mignonne, tu n'as rien entendu...
—Moi?... Ce n'est pas la même chose... N'est-ce pas l'affaire d'un homme?... Et puis tu m'agaces... Va-t-en.
Et tandis que Monsieur remontait pour s'habiller, Madame, tournant sa fureur contre nous, nous apostropha:
—Et vous?... Qu'est-ce que vous avez à me regarder, là, comme des paquets?... Ça vous est égal à vous, n'est-ce pas, qu'on dévalise vos maîtres?... Vous non plus, vous n'avez rien entendu?... Comme par hasard... C'est charmant d'avoir des domestiques pareils... Vous ne pensez qu'à manger et dormir... Tas de brutes!
Elle s'adressa directement à Joseph:
—Pourquoi les chiens n'ont-ils pas aboyé? Dites... pourquoi?
Cette question parut embarrasser Joseph, l'éclair d'une seconde. Mais il se remit vite...
—Je ne sais pas, moi, Madame dit-il, du ton le plus naturel... Mais, c'est vrai... les chiens n'ont pas aboyé. Ah! ça, c'est curieux, par exemple!...
—Les aviez-vous lâchés?...
—Certainement que je les avais lâchés, comme tous les soirs... Ça c'est curieux!... Ah! mais, c'est curieux!... Faut croire que les voleurs connaissaient la maison... et les chiens.