Il faut des Romans aux peuples corrompus, a dit J.-J. Rousseau. Aujourd'hui, tout le monde lit, depuis la laitière qui vend son lait le matin, au coin de la rue, jusqu'à la duchesse sur sa chaise longue; dans notre société actuelle, le Roman est indispensable; Alexis Bouvier et Emile Richebourg font les délices des masses; aucune force morale ne saurait s'opposer à cet engouement. Mais que conclure du Roman moderne, du Roman qui se possède et qui se tient? Ne concluons pas, ou du moins concluons par cette simple conversation que nous eûmes dernièrement avec un de nos plus spirituels Romanciers.

Ah! Si j'étais plus jeune, nous disait-il, si je ne me trouvais pas dévoré par le temps, par le journalisme, par les gêneurs et aussi par la paresse, quel admirable roman je voudrais faire?

Comment cela?

Je ferais rire et pleurer tour à tour.... mais il me faudrait passer des nuits entières, travailler avec une volonté dont je ne me sens plus la force.... que ce serait beau, cependant!

Enfin, que feriez-vous?

Un Roman par Dépêches.

LE BIBLIOPHILE AUX CHAMPS