—Que désires-tu, citoyen? demanda dom Poirier allant au-devant de lui.
—C'est toi qu'es le ci-devant calotin? dit le sergent.
—Nous nous connaissons en qualité de voisins, c'est toi qui es le ci-devant ferblantier de la rue de l'Échaudé? riposta dom Poirier.
—Je le suis toujours, dit le sergent.
—Ah! je croyais, comme je te rencontre toujours le sabre au côté, avec tes hommes, je pensais que tu consacrais maintenant tout ton temps à la nation… mais, passons, qu'y a-t-il pour ton service?
—Voilà, nous sommes en bas quelques bons patriotes chargés de veiller aux intérêts de la nation et d'ouvrir l'œil aux menées des aristocrates; et pour nous distraire au poste, en dehors des heures de faction, bien entendu, je viens te demander quelques bouquins de la bibliothèque des calotins… mais des bons, s'il y en a, et avec des images pour ceux qui ne savent pas lire…
—J'en suis désolé, citoyen sergent, mais je ne puis satisfaire à ta demande; mes bouquins, comme tu dis, ne doivent pas sortir d'ici.
—Tu refuses? alors je réquisitionne!
—As-tu un ordre de réquisition?
—Le v'là! dit le sergent en frappant sur son sabre.