Lorsque les Arabes de l'escorte arrivèrent sur le lieu du combat, ils ne trouvèrent trace de cadavre et ne virent plus qu'une flaque de sang, ou plutôt une boue sanglante, parmi les herbes écrasées.—Du corps de l'infortuné Robert Magrin, il ne restait rien, rien, moins que rien. C'est à peine si creusant le sol du bout de sa lance, un Arabe Bagaras parvint à retrouver une toute petite clavicule du cou, fragment bien léger d'un mari si brave, le seul témoignage que sa veuve inconsolable put rapporter en Angleterre au retour de ce néfaste voyage de noces.

Ainsi se trouva réalisée la prédiction fatale inscrite sur le bandeau d'or du roi d'Égypte Na-Lou-Pa de la XIIe dynastie.

Pulvis et umbra manent!—dit en manière d'exode lord L***, que ce récit semblait avoir assombri.—Ne violons pas les sépultures, mon ami, et conservez les croyances que vous a inspirées l'article de l'écrivain allemand que vous me signaliez tout à l'heure. Recueillir des cendres humaines est chose néfaste; les morts attirent la mort, cela est indiscutable et, sans aller plus loin, remarquez, je vous prie, qu'il est peu d'enterrements qui ne soient homicides pour quelqu'un de ceux qui les suivent.

TABLE DES CONTES

Pages.
A Albert Robida, imaigier, Épistre dédicatoire[I]
Un Almanach des Muses de 1789[1]
L'Héritage Sigismond[19]
Le Bibliothécaire van der Boëcken, de Rotterdam[37]
Un Roman de chevalerie franco-japonais[55]
Les Romantiques inconnus[75]
Le Carnet de Notes de Napoléon Ier[97]
La Fin des Livres[123]
Poudrière et bibliothèque[147]
L'Enfer du chevalier de Kerhany[169]
Les Estrennes du poète Scarron[189]
Histoires de Momies (récits authentiques)[199]

Ces honnestes Contes pour les Bibliophiles
Élaborés en amical tournoi
par deux fantaisistes chevaliers de la plume et du crayon
ONT ÉTÉ
ACHEVÉS D'IMPRIMER
Sur les Presses de l'Ancienne Maison Quantin
A PARIS
Ce vingt-sept novembre 1894