Les chevaliers anciens arboraient galamment cette noble devise française: Les servir toutes, n'en aimer qu'une.—Les philosophes cavaliers modernes, moins puritains et moins braves surtout au tournois d'amour, proclament cet axiome: Les aimer toutes, n'en servir qu'une.—Ceci, pour être moins élevé, est peut-être tout aussi logique.
La femme souffre toujours pour deux, dit Balzac.—C'est fort bien pensé, mais le mari, doit-on ajouter, pâtit souvent pour trois.
Il est infiniment moins aisé de satisfaire une femme que d'en contenter plusieurs. (Les hommes mariés seront de cet avis). Pour une femme, par opposition, il est certes plus facile et plus agréable, de satisfaire plusieurs amants que d'en contenter un seul.—La résultante nous conduit à ce mot charmant de Montaigne: la femme est l'ennemie naturelle de l'homme.
C'est lorsqu'une femme mendie franchement et sans paraphrases l'amour d'un homme, qu'elle démontre sa passion; car alors elle lui sacrifie à la fois son orgueil, sa coquetterie, son amour-propre et la pudeur de ses préjugés; c'est-à-dire plus qu'elle-même mais, aussi, beaucoup moins que ses sens.
La sentimentalité: un oeuf à la coque à... pain mollet; le libertinage: une omelette aux fines herbes.