Amour, si ton poder es tal, Ensins que cad'un ho razona,

et qui paraît être de l'invention de Nostredame.[23]


Peire Raimon mérite une bonne place à côté des grands noms de la poésie méridionale. Moins original que Peire Vidal, et moins varié, au moins dans l'état actuel de son oeuvre, qu' Aimeric de Pégulhan, il peut aller cependant de pair avec ses deux compatriotes. Il a, comme la plupart des troubadours, le culte de la forme et il nous laisse voir, à plusieurs reprises, quelle est sa conception de l'art poétique; mais il ne tombe pas dans un excès ridicule et puéril, comme d'autres troubadours. Il a de la grâce et de l'élégance, et plus d'une fois laisse percer sa sensibilité. Ses descriptions du printemps, quoique conventionnelles, sont fraîches et pittoresques. Son oeuvre est, dans l'ensemble, remarquable par la finesse de la pensée et la grâce du style. Et c'était un vrai poète celui qui savait si bien dire comment le coeur des poètes se consume en chantant (Atressi com la candela) et si bien exprimer comment naît la poésie, non des aspects les plus variés de la nature, mais de la sincérité du coeur (S'ieu fos aventuratz); par là il se rapproche de celui qui reste pour nous le maître de la poésie méridionale, de Bernard de Ventadour.[24]

Notes:

[3]ABIKN2; Chabaneau, Hist. Gén. Lang., X, 271.

[4] Guilhem VIII, 1172-1202.

[5] Cf. Ch. Brun, Les troubadours à la cour des seigneurs de Montpellier. (Extr. du Félibrige latin, Montpellier, 1893.)

[6] N2: tolc moiller a paruias...

[7] Éléonore a été nommée par les troubadours suivants: Guilhem de Berguedan, Raimon de Miraval, Cadenet, Gaubert de Puycibot, Elias de Barjols, Arnaut Catalan, Aimeric de Belenoi, Aimeric de Pegulhan; peut-être aussi est-ce Éléonore qui est désignée par reina dans la pièce de Guilhem de Baux, Gr., 209, 2. Cf. sur tout ceci: F. Bergert, Die von den Trobadors gefeierten Damen, p. 26.

[8] A B N2; les autres mss. contenant la biographie sont I et K, qui proviennent de la même source. La biographie de N2 est publiée dans l'Archiv. f. d. Studium d. n. Sprachen, t. CII (1899), p. 204.

[9] «Il paraît difficile que toutes les pièces qui portent ce nom aient été composées par la même personne.» Hist. Gén. Lang., X, 373, n. 2. La difficulté disparaît, en ne faisant pas commencer trop tôt—et il n'y a aucune raison pour le faire—la carrière poétique de Peire Raimon.

[10] Trovatori d'Italia, p. 14.

[11] Vies, éd. Chabaneau-Anglade, p. 48. Le ms. D, dans la suscription de la chanson Encara·m vai recalivan, appelle Peire Raimon lo Gros; Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 14, n. 2.

[12] Chabaneau, Hist. Gén. Lang., X, 340.

[13] Dans sa chanson: Mainta gen fatz meravilhar.

[14] Genealogia comitum Sabaudiae, c. 66; cité par Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 8, n. 3.

[15] Rerum ital. Script., VIII, 720, in Bergert, Die... gefeierten Damen, p. 81 sq.

[16] Bergert, Die... gefeierten Damen, p. 81 sq.

[17] Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 13.

[18] De fin' amor son tuit mei pensamen, No V de notre édition. M. Bertoni a remarqué que le ms. D (Da), d'origine italienne, attribue deux pièces de Peire Raimon à R. Buvalelli (Pos vei parer; Us novels pensamens). Il est probable que le manuscrit primitif dont s'est servi l'auteur du chansonnier contenait des poésies des deux troubadours; ce n'est pas le seul hasard qui les avait réunies.

[19] Ed. Jeanroy et De Grave, XXVII, XXIX; cf. pp. 161, 204.

[20] Jeanroy, De Grave, Op. laud., p. 204.

[21] Diez, Leben und Werke, p. 92.

[22] Chabaneau, Hist. Gen. Lang., X, 373.

[23] Nostredame, Vies, éd. Chabaneau-Anglade, pp. 48 et 312.

[24] On trouvera, à la fin de notre édition, la pièce du poète valencien Auzias March imitée de Peire Raimon. Voir sur cette imitation: A. Pagès, Auzias March et ses prédécesseurs, p. 286 sq.

Notes:

[3]ABIKN2; Chabaneau, Hist. Gén. Lang., X, 271.

[4] Guilhem VIII, 1172-1202.

[5] Cf. Ch. Brun, Les troubadours à la cour des seigneurs de Montpellier. (Extr. du Félibrige latin, Montpellier, 1893.)

[6] N2: tolc moiller a paruias...

[7] Éléonore a été nommée par les troubadours suivants: Guilhem de Berguedan, Raimon de Miraval, Cadenet, Gaubert de Puycibot, Elias de Barjols, Arnaut Catalan, Aimeric de Belenoi, Aimeric de Pegulhan; peut-être aussi est-ce Éléonore qui est désignée par reina dans la pièce de Guilhem de Baux, Gr., 209, 2. Cf. sur tout ceci: F. Bergert, Die von den Trobadors gefeierten Damen, p. 26.

[8] A B N2; les autres mss. contenant la biographie sont I et K, qui proviennent de la même source. La biographie de N2 est publiée dans l'Archiv. f. d. Studium d. n. Sprachen, t. CII (1899), p. 204.

[9] «Il paraît difficile que toutes les pièces qui portent ce nom aient été composées par la même personne.» Hist. Gén. Lang., X, 373, n. 2. La difficulté disparaît, en ne faisant pas commencer trop tôt—et il n'y a aucune raison pour le faire—la carrière poétique de Peire Raimon.

[10] Trovatori d'Italia, p. 14.

[11] Vies, éd. Chabaneau-Anglade, p. 48. Le ms. D, dans la suscription de la chanson Encara·m vai recalivan, appelle Peire Raimon lo Gros; Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 14, n. 2.

[12] Chabaneau, Hist. Gén. Lang., X, 340.

[13] Dans sa chanson: Mainta gen fatz meravilhar.

[14] Genealogia comitum Sabaudiae, c. 66; cité par Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 8, n. 3.

[15] Rerum ital. Script., VIII, 720, in Bergert, Die... gefeierten Damen, p. 81 sq.

[16] Bergert, Die... gefeierten Damen, p. 81 sq.

[17] Bertoni, Trovatori d'Italia, p. 13.

[18] De fin' amor son tuit mei pensamen, No V de notre édition. M. Bertoni a remarqué que le ms. D (Da), d'origine italienne, attribue deux pièces de Peire Raimon à R. Buvalelli (Pos vei parer; Us novels pensamens). Il est probable que le manuscrit primitif dont s'est servi l'auteur du chansonnier contenait des poésies des deux troubadours; ce n'est pas le seul hasard qui les avait réunies.

[19] Ed. Jeanroy et De Grave, XXVII, XXIX; cf. pp. 161, 204.

[20] Jeanroy, De Grave, Op. laud., p. 204.

[21] Diez, Leben und Werke, p. 92.

[22] Chabaneau, Hist. Gen. Lang., X, 373.

[23] Nostredame, Vies, éd. Chabaneau-Anglade, pp. 48 et 312.

[24] On trouvera, à la fin de notre édition, la pièce du poète valencien Auzias March imitée de Peire Raimon. Voir sur cette imitation: A. Pagès, Auzias March et ses prédécesseurs, p. 286 sq.

BIBLIOGRAPHIE

ANGLADE (J.).—A propos des troubadours toulousains. Toulouse, 1917. (Extr. du Bulletin de la Société Archéologique du Midi de la France, nouvelle série, No45. Toulouse, 1919, p. 195-245.)

ANGLADE (J.).—Quatre poésies du troubadour Peire Raimon de Tolosa. Toulouse, 1917.

APPEL (C.)—Provenzalische Inedita aus Pariser Handschriften. Leipzig, 1892 (et Altfr. Bibliothek, t. XIII). P. 244, Ar ai ben d'Amor apres; p. 246, Pois lo bels temps; p. 248, Si com l'enfans.