ÉLISABETH, gaiement.
Eh bien, Irène, avoue que tout cela est préférable à tes brillantes réunions. Ces plaisirs simples sont innocents et nous laissent de paisibles et doux souvenirs.
IRÈNE.
Tu as raison, ma bonne Élisabeth; je me souviendrai de cette soirée avec une joie sans mélange.
MADAME DE GURSÉ.
Mes enfante, le thé et le chocolat sont servis dans la salle à manger! Allez-y avec vos amis et faites-leurs les honneurs de mon petit chez moi.
ÉLISABETH.
Oui, grand'mère chérie, nous obéissons.
On finit gaiement cette douce soirée de famille et les petits de Morville se retirèrent, s'avouant à eux-mêmes qu'ils s'étaient extrêmement amusés chez Mme de Gursé.
Le lendemain était le jour de réception de Mme de Morville: Irène devait y assister pour faire les honneurs du salon à ses élégantes amies qui accompagnaient déjà leurs mères en visite. Elle en était contrariée, les bonnes impressions que lui avait faites sa soirée de la veille étant encore toutes fraîches. Elle faisait donc assez triste mine quand sa mère lui remit une toilette du matin très-élégante pour sa chère poupée. Ce présent lui fit un plaisir extrême, mais il la replongea dans des pensées de frivolité et de toilette, et elle s'habilla avec soin après avoir paré sa fille.