CHAPITRE XV.

LA MALADIE D'ÉLISABETH.

«Mais qu'as-tu donc, Élisabeth? disait Mme de Kermadio à sa fille, au moment où celle-ci s'apprêtait à se rendre aux Tuileries avec son frère: tu es pâle, tu as mauvaise mine.

--Je ne me sens pas bien, en effet, maman, répondit Élisabeth, j'ai un malaise général, et je ne serais pas étonnée d'avoir un petit accès de fièvre; c'est probablement un peu de rhume.»

Mme de Kermadio, inquiète, examina attentivement le visage de sa fille, lui tâta le pouls et reconnut qu'elle avait, non pas un peu de fièvre, mais une très-forte fièvre. Justement alarmée, elle envoya chercher à la hâte le docteur Trébaut, l'excellent médecin de la famille. Elle voulait faire faire à Armand sa promenade accoutumée, mais le petit garçon était aussi tourmenté que sa mère de la santé d'Élisabeth et obtint de Mme de Kermadio qu'il resterait près de sa soeur.

Le docteur arriva; son coup d'oeil exercé vit tout de suite chez la petite fille les germes d'une grave maladie, et son visage s'assombrit.

«C'est la scarlatine qui commence, madame, dit-il. Monsieur Armand ne doit pas s'approcher de sa soeur, ni même rester dans la même chambre qu'elle. Consacrez-vous à la malade, tandis que votre fils demeurera près de son père.

ARMAND, pleurant.