--Chère mademoiselle, s'écria Élisabeth, j'ai eu tort, en effet, de plaisanter ainsi; mais franchement Julien est insupportable et je conçois qu'Armand ne veuille pas lui ressembler.--Je n'aimerais pas beaucoup de mon côté, je vous l'avoue, rassembler à Irène.

--Elle est pourtant jolie, dit Mlle Heiger gaiement, et Julien, mon cher Armand, est très-bien.

--Oui, mademoiselle, certainement, répliqua Armand avec vivacité; mais il est toujours occupé de sa personne, de sa toilette, de ses amis élégants, de son lorgnon, de ses timbres, de....

--Assez, assez, s'écria Mlle Heiger, un peu de charité, Armand!

--Moi, dit Élisabeth, je remercie le bon Dieu de ne pas être jolie comme Irène; cela dispose trop à s'occuper de ses toilettes. Celles de Marthe occupent moins....

MADEMOISELLE HEIGER, riant

Et cela vaut mieux.

--Eh bien! dit Mme de Kermadio en entrant dans la salle d'études; ne nous promenons-nous pas aujourd'hui? il faut descendre, en tout cas, mes enfants, car on sait déjà dans le village que nous partons bientôt; tous nos pauvres protégés sont venus pour vous faire leurs adieux, et vous dire combien ils regrettent de vous voir quitter sitôt la campagne.»

On descendit dans la cour et les enfants se virent entourés par une foule d'ouvriers accompagnés de leur famille. Plusieurs de ces bonnes gens avaient les larmes aux yeux.

«C'est donc déjà que vous partez? disait l'un.