Tu le vois, Suzanne, j'avais bien raison d'être heureux de cette chère pauvreté. Aurions-nous la joie de voir des dévouements pareils, si nous avions encore nos richesses?
MADAME DE MORVILLE.
Va! j'en remercie Dieu autant que toi. Écrivez vite à vos amis, chers enfants, et dites-leur que je les aime et les bénis!
Il n'y avait plus que la matinée qui séparât nos héros de la réception de M. et de Mme de Marsy: les enfants écrivirent à Élisabeth et à Julien, puis Irène étudia de nouveau avec ardeur ses morceaux les plus difficiles, tandis que Julien achevait avec soin ses dernières aquarelles. Il était tard quand les enfants cessèrent leurs travaux et se hâtèrent de rejoindre leurs parents, qui, eux aussi, avaient travaillé toute la journée; après un modeste repas, tous s'habillèrent promptement et se rendirent chez Mme de Marsy.
Il était encore de bonne heure, aussi eurent-ils la satisfaction de ne trouver que la famille réunie, et d'arriver les premiers parmi les invités. Irène et Julien murmurèrent à l'oreille de leurs amis de chaleureux remercîments, interrompus par un baiser d'Élisabeth, et un terrible «chut» d'Armand.
Le salon ne tarda pas à se remplir de monde: Lionnette et Noémi arrivèrent bientôt avec leurs parents.
LIONNETTE.
Eh! bonjour, chères belles; bonjour, messieurs; nos grands artistes sont-ils arrivés?
ARMAND.
Oui, mademoiselle, ils sont là.