J'ai remis à plus tard, cher André, ce dîner de cérémonie; j'ai préféré que nous fussions seuls pour vous fêter tout à notre aise.

NOÉMI, gaiement.

Et puis, papa, ma petite robe d'alpaga est bien plus commode pour m'installer sur vos genoux et vous embrasser à mon aise, sans craindre de chiffonner d'ennuyeuses garnitures.»

L'air surpris et joyeux de M. de Valmier fit rire sa femme.

«Ah ça! dit-il enfin, tu es joliment changée, Noémi! toi qui étais folle de la toilette et... vous aussi, Juliette, permettez-moi de le remarquer: vous qui recherchiez le luxe, le monde, les réunions brillantes, vous paraissez aimer le calme et la simplicité, maintenant?

MADAME DE VALMIER.

En êtes-vous fâché, André?

M. DE VALMIER, vivement.

Pouvez-vous le penser, Juliette! j'en suis enchanté, au contraire... non, je veux dire heureux, profondément heureux! Un intérieur calme doit être si doux!»

On finissait alors de dîner, M. de Valmier se leva, passa dans le salon avec sa femme et sa fille, puis s'assit en silence près du feu.