--Parce que je suis toute seule! répondit tristement l'élégante.

--Cela vous amuserait-il de jouer avec nous? dit Élisabeth, d'un ton affectueux.

--Oh oui! dit Irène, en baissant la tête, mais je ne sais pas... ce ne serait pas agréable pour....

--Pour qui? dit Élisabeth en souriant.

--Pour vous, dit Irène à voix basse. J'ai été si froide, si impolie pour vous, pauvre Élisabeth, il y a trois semaines; vous devez certainement m'en vouloir.

--Irène, dit Élisabeth, d'un ton sérieux, il y a dans le Pater: «pardonnez-nous nos offenses comme nous les pardonnons à ceux qui nous ont offensés;» je vous en voulais d'abord, mais maintenant je vous pardonne, et de toute mon âme.

--Ah! merci, Élisabeth, s'écria Irène, les larmes aux yeux, c'est bien, c'est beau ce que vous faites et ce que vous dites là: accordez-moi votre amitié, je vous en prie; j'ai tant besoin, je le vois maintenant, de bons conseils et de bons exemples!

--De tout mon coeur, chère Irène, dit Élisabeth en l'embrassant.

--Alors, au lieu de jouer, causons encore un peu, je vous en prie, dit Irène en se rasseyant.

ÉLISABETH, s'asseyant.