En finissant ces mots, il embrassa tendrement sa soeur. Irène était si peu habituée aux démonstrations affectueuses de Julien, qu'elle resta d'abord interdite, puis elle fondit en larmes en se jetant au cou de son frère.
«Oh! mon cher Julien, murmura-t-elle à travers ses larmes! Que c'est bon d'être aimée de son frère! Que je te remercie!
--Irène, chère soeur, dit Julien, les larmes aux yeux, je te remercie à mon tour. Oui, aimons-nous sincèrement; je sens à présent combien il est triste de vivre comme nous le faisions, indifférents l'un à l'autre. Grâce à Dieu, je sens aujourd'hui tout le prix de ta tendresse: je veux être ton ami et ton frère, entends-tu, chère soeur? Non pas seulement de nom, mais en réalité.»
Irène s'essuya les yeux à la hâte, car Zélie s'approchait d'un air inquiet. Les enfants, suivis de leur bonne, revinrent à la maison en causant affectueusement, heureux pour la première fois de sentir leur égoïsme se fondre et se changer en tendresse vraie, en amitié dévouée l'un pour l'autre.
CHAPITRE VIII.
LES DEUX CLUBS.
«Ah çà! ma chère, disait la semaine suivante Constance à Irène, on ne vous voit presque plus, que devenez-vous?
--J'ai été un peu souffrante, répondit Irène; c'est pour cela que je ne suis pas venue tous ces jours-ci.