Certainement. Allons vite à la grande allée: on nous y attend.

Les petits de Marsy et quelques autres enfants étaient déjà rassemblés, en effet: ils accueillirent les arrivants avec une joie affectueuse qui toucha visiblement Irène et Julien.

JACQUES.

Allons, Élisabeth; à toi de commencer: tu es notre présidente et tu as la parole.

ÉLISABETH, souriant.

Ici les premiers doivent être les derniers, comme dans l'Évangile: je demande à Jeanne de commencer.

On s'assit et Jeanne prit la parole.

«Mon oncle Gaston m'a donné, dit-elle, une pauvre petite aveugle à secourir. Elle s'appelle Louise et a treize ans; elle est très-bonne et très-gentille, mais elle est désolée de son infirmité; elle n'a perdu la vue que depuis un an; il me faut non-seulement la secourir, mais aussi la consoler. J'y vais tous les jours, avant le déjeuner; je l'aide à faire sa toilette, je lui apprends à s'occuper, à faire le ménage à tâtons; je lui lis des histoires, je lui chante des cantiques, et elle ne pleure plus maintenant. Dieu merci! sa mère est bien contente: moi aussi.»

Un murmure d'approbation s'éleva quand Jeanne se tut. Irène et Julien se regardèrent avec un mélange de surprise et d'attendrissement.

ÉLISABETH.