—Mais arrivez donc, mon cher Crapotin, s'écriait Philéas, quelques jours après ses fêtes publiques. Voilà, Dieu merci, une belle matinée pour la chasse. Grenadier et moi, nous vous attendons depuis une demi-heure, au moins.

—Ne me grondez pas, répondit le chasseur à qui Philéas adressait ces reproches (celui-là même dont la flûte avait si singulièrement égayé la fête). J'avais quelques affaires qu'il m'a fallu bâcler tant bien que mal, au moment de partir. J'étais furieux! aussi ai-je fini par tout planter là pour partir quand même.

PHILÉAS.—Oh! et vos affaires?

CRAPOTIN, négligemment.—Elles attendront.

PHILÉAS.—Et vos clients? et votre boutique?

CRAPOTIN.—Serinet, mon domestique, leur fera prendre patience; car il faut vous dire, mon ami (il se rengorge), que j'ai un grô ome, un vrai grô ome pour soigner mon nouveau cheval.

PHILÉAS.—Pourquoi n'êtes-vous pas venu en voiture, alors?

CRAPOTIN.—Mon cheval est si vif qu'il a cassé mon équipage avant-hier; j'ai essayé de le monter, mais il m'a jeté par terre trois fois en cinq minutes. A la dernière fois (c'était dans une flaque d'eau) j'y ai renoncé provisoirement et j'ai dû arriver modestement à pied.

GRENADIER, arrivant.—Avez-vous fini votre causette, Messieurs? En chasse! en chasse! le temps est splendide. (Chantant d'une voix de tonnerre.)

«Amis, la matinée est belle!...»