Il parlait encore qu’ils entrèrent; ils s’approchèrent du lit où j’étais couché, et, m’ayant au préalable informé de leurs fonctions et de leur mission, ils m’arrêtèrent prisonnier, et m’invitèrent à me préparer à aller avec eux à la geôle du comté, qui était à onze milles de là.
«Mes amis, dis-je, vous venez par une température bien sévère pour me mener en prison; et la chose est particulièrement malheureuse eu ce moment, car je me suis récemment brûlé un bras d’une façon terrible, ce qui m’a donné une légère fièvre; et puis je manque de vêtements pour me couvrir, et je suis maintenant trop faible et trop vieux pour marcher loin dans une neige si épaisse; mais s’il en doit être ainsi...»
Je me tournai alors vers ma femme et mes enfants, et leur donnai pour instructions de rassembler le peu de choses qui nous restaient et de se préparer immédiatement à quitter ces lieux. Je les conjurai de se hâter, et je priai mon fils de prêter assistance à sa sœur aînée, qui, ayant conscience d’être la cause de toutes nos calamités, était tombée évanouie et avait perdu à la fois le sentiment de son existence et de ses maux. J’encourageai ma femme, pâle et tremblante, qui serrait dans ses bras nos petits enfants épouvantés, s’attachant à son sein, muets et craignant de lever les yeux sur les étrangers. Pendant ce temps, ma fille cadette préparait notre départ, et comme on lui répétait souvent de faire diligence, au bout d’une heure environ nous fûmes prêts à nous mettre en route.
CHAPITRE XXV
Il n’est pas de situation, quelque misérable qu’elle semble, qui ne soit accompagnée de quelque espèce de consolation.