Si diz a dieu amours & celle
A qui mon service donnay
Qui vouldra que je la decelle
Des belles du monde est la belle
Tant de vertuz ailleurs veu n'ay
Elle valoit & je l'aymay
Dieu scet a quelle fin tendoye
Le celler point ne le pourroye
En ce point je tournay le dos
A amours & a sa sequelle
Rentrant a mon premier propos
Pour ce qu'en tout tenir luy volz
Ma foy & sonner ma sequelle
Et fut mon aventure telle
Qu'en viellesse je me trouvay
Trop plus tost que je ne cuiday
Le chemin y estoit tremblant
Et plain de parfondes ruelles
L'eau fut bruyneuse & suyvant
Rendant flair infect & puant
La ne croist fruit que de misere
La terre ne prouffitte guere
Les rentes par toutes valeur
Ne se payent que de langueurs
Les arbres y sont tous steriles
Et ne portent ne fleurs ne fruyt
Les fueilles sont seiches & viles
Les arbres y sont inutiles
En ce que medicine instrir
Brief c'est ung pays si destruyt
Qu'il n'est vivre qu'on y congnoisse
Fors seullement poires d'angoisse
La sont fontaines d'amertumes
Et ruisseaulx courans de souffrettes
La ne rend point clarté la lune
Le soleil n'y luyst ne alume
La sont les tenebres apertes
Regretz de biens & dures pertes
Sont les piteux plains & les chants
Qu'on y oyt par bois & et par champs
Vieillesse est travaillant demaine
Plus y siet on/ mains on repose
En vieillesse n'a heure saine
Maladie l'a en son regne
Santé en est du tout forclose
Lyesse la ne vient ne ose
Par la dure melancolie
Qui regne sur celle partie
Pres de la en voye petite
Si est une isle d'enfermeté
Que l'en dit le lieu decrepite
C'est une demeure mauldicte
Plaine de grant adversité
Je n'y ay pas encor esté
Mais bien pres me voy de sentir
L'air du lieu qui me fait fermir
On ne va pas en decrepite
Faire seulement demurance
Car elle vient & si habite
Dont le corps jusques en est quitte
De l'ame qui vit en souffrance
Vieillesse revient en enfance
Par la douleur de ce martir
Qu'on ne peult nombrer ne escripre
J'entens bien que moult est a craindre
De decrepite la demure
Mais qu'il peult a ce attaindre
Le grant purgatoire ce est maindre
Se paciance la demeure
Je prie a dieu ains que je meure
Que la je face penitance
Qui me soit a l'ame allegance
Quand je me veiz en celle nasse
De vieillesse la ou j'estoye
Je ne choisy trou ne place
Pour m'eslongner de celle trace
S'en decrepite je n'entroy
En ce point je m'entretenoye
Le moins mal qui me fut possible
En vieillesse tres terrible