Prudentium Virginum votis, quæ spreto mortalis viri thoro, ei qui speciosus est præ filiis hominum desponsari voluerunt, debemus & volumus favorabiles inveniri. Cùm itaque sicut accepimus, dilectæ filiæ in Christo Priorissa & Moniales Monasterii Annuntiationis Beatæ Mariæ Virginis, Ordinis Sancti Augustini Genvensis, certas constitutiones, & ordinationes regularibus institutis dicti Ordinis conformes, ab ipsis, & pro tempore existentibus Priorissæ & Monialibus dicti Monasterii perpetuò observandas unum volumen compilaverint, & constitutiones, ac ordinationes hujusmodi per Venerabiles Fratres nostros Sanctæ Romanæ Ecclesiæ Cardinales negotiis, & consultationibus Regularium præpositos revisæ, examinatæ, & approbatæ fuerint. Cupiantque Priorissa, & Moniales prædictæ easdem ordinationes regulares, sic revisas, examinatas & approbatas, ad verbum inferiùs insertas, pro firmiori earum subsistentia, & inviolabili observatione, Apostolicæ nostræ confirmationi robore communiri. Ideò nobis humiliter supplicari fecerunt, ut super præmissis oportunè providere de benignitate Apostolica dignaremur. Nos igitur Monasterii hujusmodi, illiusque personarum fœlici statui, & successui in præmissis consulere, dictasque Priorissam, & Moniales specialibus favoribus, & gratiis pro sequi volentes, & earum singulares personas à quibusvis excommunicationis, suspensionis, & interdicti, alliisque Ecclesiasticis sententiis, censuris, & pœnis à jure vel ab homine quavis occasione, vel causa latis, si quibus quomodolibet innodatæ existunt, ad effectum præsentium duntaxat consequendum harum serie absolventes, & absolutas fore censentes, hujusmodi supplicationibus inclinati. De eorumdem Cardinalium consilio Constitutiones, & ordinationes prædictas, omniaque, & singula in illis contenta Apostolica autoritate tenore præsentium perpetuò confirmamus, & approbamus, illisque perpetuæ, & inviolabilis Apostolice firmitatis robur adiicimus, ac omnes, & singulos tam juris quàm facti, & alios etiam quantumvis substantiales defectus, si qui de super quomodolibet intervenerint, supplemus: nec non prædictas, & pro tempore existentes Priorissam, & Moniales dicti Monasterii ab eis nullo unquam tempore resilire posse, sed ad plenariam illarum observationem teneri & obligatas esse, & ad id etiam sub censuris Ecclesiasticis, & aliis in constitutionibus & ordinationibus prædictis contentis, pœnis cogi, & compelli posse, sicque per quoscumque Judices ordinarios, & delegatos etiam causarum Palatii Apostolici Auditores judicari, & definiri debere, ac irritum, & inane si secus super his à quoquam quavis autoritate scienter, vel ignoranter contigerit attentari. Nonobstantibus constitutionibus, & ordinationibus Apostolicis, ac Monasterii, & Ordinis prædictarum etiam juramenta, confirmatione Apostolica, vel quavis firmitate alia roboratis, statutis, & consuetudinibus, privilegiis quoque, indultis, & litteris Apostolicis eidem Monasterio, & illius Ordini, illorumque Superioribus, & quibusvis aliis personis sub quibuscumque tenoribus, & formis, ac cum quibusvis clausulis, & decretis in contrarium præmissorum quomodolibet concessis, confirmatis, & innovatis. Quibus omnibus, & singulis eorum, omnium tenores præsentibus pro expressis, & ad verbum insertis habentes, illis alias in suo robore permansuris, hac vice duntaxat specialiter, & expressè derogamus, cæterisque contrariis quibuscumque.
Tenor autem constitutionum, & ordinationum prædictarum est qui sequitur; Videlicet.
PAUL V. PAPE, POUR
memoire perpétuelle.
Nous devons & voulons nous rendre favorables aux désirs des Vierges prudentes, lesquelles méprisans les nôces d'un homme mortel, ont voulu prendre pour époux celui qui surpasse en beauté les enfans des hommes; comme ainsi soit donc, que les filles bien-aimées en Notre-Seigneur, la Prieure, & les Religieuses du Monastére de l'Annonciade de la bien-heureuse Vierge Marie de Genes de l'Ordre de St Augustin, ayent compilé & recuëilli en un volume (ainsi que nous l'avons apris) certaines Constitutions & Réglemens conformes aux instituts réguliers dud. Ordre, pour être toujours inviolablement observées par icelles, & par les autres Prieures & Religieuses à l'avenir. Et qu'icelles Constitutions & Réglemens ont été revûs, examinés & aprouvés par nos venerables Freres les Cardinaux de la Ste Eglise Romaine, qui sont commis pour les affaires & consultations des Réguliers. Et que les susd. Prieure & Religieuses désirent qu'icelles Constitutions régulieres, ainsi revûës, examinées & aprouvées, inserées plus bas mot à mot, afin de les faire subsister avec plus de fermeté & vigueur, & observer sans aucune contravention, soient munies de la force de notre confirmation Apostolique. Elles nous ont à ces fins fait très-humblement suplier, que nous daignassions de notre benignité Apostolique, pourvoir convenablement à ce que dessus: Nous donc voulans procurer à l'état heureux d'icelui Monastere, & des personnes qui y demeurent, & favoriser de nos graces spéciales lad. Prieure & Religieuses, & par la teneur des presentes, délians & déclarans être déliées les personnes de chacune d'icelles, de toutes sentences, censures, d'excommunication, suspension & interdit, & autres peines Ecclésiastiques portées à jure vel ab homine, pour quelque occasion, ou cause que ce puisse être, si d'aucunes & en quelque maniere que ce soit elles étoient liées, pour obtenir seulement l'effet des presentes. De l'avis & conseil des mêmes Cardinaux, d'Autorité Apostolique par la teneur des presentes, nous confirmons à perpétuité, & aprouvons lesd. Constitutions & Réglemens, & toutes & chacune des choses contenuës en icelles, & leur donnons la force d'une fermeté Apostolique, perpétuelle & inviolable: & supléons à tous & un chacun des défauts, tant de droit que de fait, & autres quels qu'ils soient en substance, s'il en étoit intervenu là-dessus, en quelque maniere que ce fût. Et que lesd. Prieure & Religieuses qui sont à present, ou qui seront à l'avenir, ne puissent en aucun tems se soustraire de l'obéissance dûë ausd. Constitutions & Réglemens; mais qu'elles soient astraintes & obligées à l'entiere observation d'icelles, & qu'elles puissent être à cela contraintes par censures Ecclésiastiques & autres peines portées par les susd. Constitutions & Réglemens, & qu'il soit ainsi jugé & défini par quelques Juges que ce soit, ordinaires & délégués, mêmes les Auditeurs des Causes du Palais Apostolique, & que si quelque chose est attentée au contraire de ce que dessus, par qui que ce soit, & de quelque autorité qu'on se puisse prévaloir, sciemment ou ignoramment, le tout soit de nul effet & valeur: nonobstant les Constitutions & Ordonnances Apostoliques, & les Statuts & Coûtumes du Monastere & Ordre des susdites corroborées par serment, confirmation Apostolique, ou de quel autre force & vertu; comme aussi les priviléges, indults & Lettres Apostoliques, sous quelconques teneurs & formes, & avec quelles clauses & decrets que ce soit, concédées, confirmées & renouvellées au même Monastére, Ordre d'icelui, & aux Supérieurs d'iceux, en quelque maniere que ce puisse être au contraire des presentes. A toutes & chacune lesquelles choses, tenant leurs teneurs suffisamment exprimées par les presentes, & inserées mot à mot, demeurant hors ce cas en leur force & vigueur, nous dérogeons spécialement, & expressément pour cette fois tant seulement, & à toutes choses quelconques contraires.
Or la teneur des Constitutions & Réglemens susdits est celle qui suit.
PREFACE.
Comme l'Etat Religieux est un des plus grands biens que l'homme puisse recevoir de Dieu en ce monde, soit que l'on le considere en soi, ou que l'on le compare aux autres, il faut avoüer que c'est le chemin le plus court & le plus sûr pour parvenir au Ciel; & que tout autre état séculier est miserable & périlleux, comme étant en pleine mer, continuellement exposé à un soudain naufrage, au lieu que celui de la Religion est éloigné des dangers, & près du salut éternel, qui est le but de la navigation des mortels. Cette vérité ayant été connuë des hommes contemplatifs, amoureux d'un si grand bien, ne pouvans à ce qui leur sembloit montrer l'excellence & la sureté de cet état par des paroles, ils l'ont comparé à plusieurs choses, qui peuvent en quelque façon en exprimer sa grandeur. Les uns ont dit qu'il étoit semblable à une tour élevée qui découvre de loin les ennemis pour en éviter l'effort: les autres à un miroir dans lequel on se connoit soi même, & où l'on contemple Dieu; quelques-uns à une piscine admirable qui guerit toutes sortes d'infirmités & de maladies, d'autres à une échelle, qui de degré en degré conduit au Ciel; les uns à une vive source, d'où les graces découlent; les autres à une école de perfection, où l'on aprend la vraye science qui est d'aimer & servir Dieu; quelques-uns l'ont comparé à une maison bien réglée, dans laquelle tout ce qui s'acquiert est commun à tous; à une compagnie de Marchands associés qui tous participent au gain commun: (& pour le regard des Particuliers) à une pièce de monnoye usée & legere, laquelle étant seule est refusée de tous; mais si on la mêle parmi d'autres, elle passe aisément pour bonne. Il ne faut donc pas s'étonner si des filles bien nées, riches, & en la plus belle fleur de leur âge, se retirant du monde entrent dans la Religion, pour passer toute leur vie renfermée dans des Cloîtres; si elles sortent des bras de leurs peres, du sein de leurs meres, du milieu de leurs commodités, & si elles se privent des honnêtes libertés de la vie, afin de se renfermer dans une étroite cellule, là se réduire à la conversation d'un petit nombre de Vierges, & se lier de l'indissoluble nœu des vœux, y vivre pauvres, sujettes & mortifiées: puisque nous pouvons oposer à tout cela, & dire que par un heureux échange elles se viennent rendre entre les bras de Jesus Christ, dans le sein de la Vierge sacrée, parmi les consolations Religieuses, joüissant de la vûë du Ciel, de la liberté de l'ame, de la beauté de la vertu, de la contemplation des choses divines, & de l'abondance des douceurs spirituelles. Courage donc, très-heureuses filles, qui pour joüir d'un état si tranquille & si doux, comme des simples colombes, qui ne trouvant en ce monde rempli de corps morts (nourriture des Corbeaux) aucune chose digne de votre amour, portées d'une sainte résolution, comme vous êtes sortie de l'arche de cette divine Idée par la création, retournez vers elle en vous jettant dans la Religion, jusqu'à ce que les eaux des miséres de ce monde soient cessées, & que vous puissiez aporter le rameau d'Olivier, en signe de la paix éternelle qui vous attend dans le Ciel.
CONSTITUTIONS
des Religieuses de la très-Sainte Annonciade, sous la Régle de Saint Augustin.
De l'Intention des Fondateurs.
Chapitre I.