Chapitre VI.
Cet Office demande une personne qui ait bon jugement, & qui soit expérimentée dans les affaires séculieres, puisqu'elle doit manier l'argent, recevoir les revenus, payer, acheter, & pourvoir aux nécessités du Monastére. Le tout cependant par dépendance, & par l'ordre de la Mere Prieure.
La Procureuse après avoir acheté les étoffes, & autres choses nécessaires au vêtement, elle les mettra entre les mains de la Robiere, laquelle aura soin de pourvoir au besoin particulier de chacune. De même les choses convenables pour le vivre étant achetées, la Procureuse les donnera à la Dépensiere, pour les employer & les distribuer, selon l'office qu'elle exerce. Elle fera de même à l'égard des autres Officieres, comme à la Sacristine, à l'Infirmiere, & autres.
La Procureuse parlant avec les Séculiers ne sera jamais seule, mais elle aura sa compagne d'office avec elle (si elle en a une) ou bien une des Tourieres, pour l'assister & entendre tout ce qui sera traité par elle.
Tous les trois mois elle rendra compte à la Mere, & à deux Discrettes, de la recette & de la dépense du Monastére, & en même tems elle recevra de l'argent pour l'employer à la dépense des trois mois suivans, ou bien au commencement de chaque mois, ainsi que la Supérieure jugera plus à propos.
De l'Office de l'Infirmiere.
Chapitre VII.
Cet Office devroit être celui de la Mere Prieure, puisque par les paroles & par les actions, il fut si fort recommandé par Notre-Seigneur Jesus-Christ, mais parce qu'étant d'ailleurs beaucoup occupée, elle auroit bien de la peine à y vâquer, elle destinera une Infirmiere à sa place, ou plusieurs, selon la nécessité, laquelle aura un soin extraordinaire des infirmes, des foibles, de celles qui sont de petite complexion, & des vieilles.
La Prieure pourtant une fois le jour au moins, visitera personnellement les malades qui seront alitées, & étant malade elle-même, ou légitimement occupée, elle les fera visiter par la Sous-Prieure, afin de voir comment elles sont servies, & afin de leur dire quelques paroles édifiantes & de consolation, les exhortant à la patience, à l'amour de Dieu, & autres choses semblables, faisant ensorte que toutes celles qui visiteront les infirmes fassent de même.
Que si la raison & la charité veulent que l'on ait un grand soin du soulagement des malades, la même raison & la même charité demandent encore que les infirmes soient patientes, & qu'elles compâtissent aux personnes qui les servent; que si elles n'ont pas les choses dans le tems, & comment, ni si bien assaisonnées qu'elles le désireroient, qu'elles se souviennent qu'elles sont Religieuses, & qu'elles sont entrées au Monastére pour imiter Jesus-Christ, qui dans les douleurs de sa mort, non-seulement; n'eut pas un lit pour s'y reposer; mais encore étant à l'agonie, n'eut personne qui lui arrosa les lêvres d'un peu de vin; au contraire étant alteré d'une soif mortelle, causée par la perte de son sang précieux, il fut abbrevé de fiel & de vinaigre.