PARIS
CONSEIL HÉRALDIQUE DE FRANCE
21, AVENUE CARNOT, 21
1887
AU COMTE DE COURTIN DE NEUFBOURG
Mon cher Ami,
Après avoir écrit l'Histoire Généalogique des Courtin, je conçus la nécessité de la faire précéder d'une étude aussi succincte que possible sur les vicissitudes de l'ancienne Noblesse, sur ce qu'on peut appeler l'envers de ses priviléges et de sa gloire. Le sujet était tentant, presque nouveau, n'ayant guère été qu'effleuré, il y aura bientôt deux siècles, par le comte de Boulainvilliers.
Comme le poëte, contentus paucis lectoribus, je ne m'attendais pas à ce que cette modeste étude méritât à son auteur des suffrages dont il s'honore. On a bien voulu me dire que, détachée de votre généalogie, elle pourrait servir à faire justice de plus d'un des préjugés et des mensonges accumulés contre la France d'autrefois par les pseudo-philosophes et les coryphées de la révolution. C'était faire, à mon patriotisme, à ma foi monarchique, un appel auquel je n'avais pas le droit de me dérober.
Voici donc cette Introduction. Souffrez que je vous la dédie, à vous dont les pères ont connu les amères vicissitudes de l'état de noblesse et se sont relevés brillamment, au soleil de Louis XIV, au prix du sang versé pour le Roi et pour la Patrie; à vous qui, fidèle à leurs saintes amours, à leurs généreuses traditions, à leur chevaleresque devise, Fortis et Fidelis, honorez ce qu'ils honorèrent et glorifiez ce qu'ils glorifièrent.
Vte Oscar de POLI.