[546] Durand de Courson est appelé, au XIe siècle, dans une charte de Geoffroy II, comte d'Anjou, Durandus Corsonus (Salmon, Livre des serfs de Marmoutier, p. 16), et dans une charte de St Nic. d'Angers, Durandus Corpus suum. Statuta monast., fol. 148 vo.)—Geoffroy Boissel ou Boisseul est appelé, au XIIe siècle, dans une charte de Marmoutier, Gausfridus Boissellus (Cartul., t. IV, p. 159), et, dans une autre, Gaufridus Bibens solem (Ibid., t. I, p. 403.) Dans une charte de St Vinc. du Mans, vers 1115, Mainard de Grateuil est appelé Mainardus de Grata oculum (Cartul., B. N., p. 213).—Hugo Curto naso, Herbertus Cortneis (Ibid., p. 124, 484) et Andreas Curtus nasus (Gaignières, Cartul. de la Couture, p. 178) sont probablement des Courtenay. Montaigne a fait des gorges-chaudes de ces latinisations macaronîques qui, de la part des scribes monastiques, il faut le dire, découlaient généralement de leur parfait dédain pour tous autres noms que les noms de baptême. Ce dédain est éclatant dans une charte de l'abb. de St-Riquier, de l'an 1043: «Galterius miles... quem vano cognomine Tirellum plerique appellamus...» (Chronic. Centul., l. IV, cap. XXI.—De Camps, Nobil., t. I, p. 406.) Il s'agit de Gautier Tirel, prince de Poix.
[547] Je ne connais pas de nom plus bellement estropié par les anciens chroniqueurs que celui de Mac-Mahon par Mathieu de Coussy (éd. Buchon, p. 81), qui appelle ce chef irlandais «Mâchemaron».
[548] Un n pris pour un u, un t pris pour un c,—et l'on sait combien les méprises de ce genre sont faciles dans les anciens textes, où l'n a la même forme que l'u, et le t la même que le c,—suffisent pour rendre contestable l'attribution d'une charte à la famille intéressée.—Clairambault indique «Jean de Cortuiz, chevalier», comme ayant été à la croisade en 1218; et il faut très probablement lire «Cortinz», qui est une des formes anciennes du nom de Courtin. (Preuves, nos 33, 50, 51.)—«Drogo filius Aui» figure, vers la fin du XIe siècle, dans une charte de St Vincent du Mans (Cartul., B. N., p. 159); peut-être faut-il lire «Drogo filius Ain».
[549] Voy. aux Preuves les notes des nos 9, 10 (note 1), 42, 49.
[550] Le César Armorial, 1645, p. 42.
[551] Quel labeur, par exemple, pour débrouiller cette phrase de l'Histoire de Mortagne (page 2), par le baron Patu de Saint-Vincent. «Au moment de sa mort (Yves de Bellême), arrivée vers l'année 997, Mortagne dépendait de Bellême et passa, après Yves, à Guillaume Talvas, son fils selon Bry, Desnos, et à René Courtin, son frère, selon Dom Clément.» Quelle splendide origine pour les Courtin du Perche et du Maine! Que l'ombre de Dom Clément pardonne au malencontreux typographe! La fin de la phrase doit être rétablie ainsi: «... à Guillaume Talvas, son fils selon Bry, Desnos et René Courtin, son frère selon Dom Clément.»
[552] Preuves, nos 734, 1946.
[553] Preuves, no 2469.
[554] A. du Buisson de Courson, Rech. Nobil., p. VI.
[555] C'était un sentiment fort commun dans l'ancienne Noblesse, qui volontiers eût dit comme la devise d'une illustre maison féodale: Gratiâ Dei sum quod sum! (Par la grâce de Dieu je suis... ce que je suis.) Bertin du Rocheret écrivait, il y a plus de cent ans, à la comtesse de Brugny, née Condé: «... Je ne comprends pas votre délicatesse sur les avantages que vous devez tirer de votre naissance et de vos alliances: il n'y a de la vanité que de s'en prévaloir ou mal, ou mal à propos. Je conviens que nous ne sommes pas les maistres de naistre autres que nous sommes, et que l'on ne doit s'élever au-dessus de sa sphère que par les voyes que l'honneur prescrit; mais quand la Providence nous a mis dans une classe supérieure, il faut en jouir avec la décence convenable; la modération et l'humilité sont des vertus; poussées trop loin, elles tombent dans l'abjection.»—(Communiq. par Mr Armand Bourgeois, membre correspondant du Conseil Héraldique de France.—Voy. ma notice sur la maison de Condé, dans la revue La Terre-Sainte, 1er février 1887.)