Et ce qu'il pouvait y avoir d'affreux et de compromettant sur son compte, de quelle source le tenait-elle?
Le jour parut avant qu'il eût pu résoudre cet irritant problème. Pottemain se leva et, à l'heure même où Pauline accomplissait son pèlerinage au mausolée de la défunte baronne, il commença sa toilette.
Par un caprice bizarre et inexplicable, il abattit ses moustaches et tailla ses favoris à pleins ciseaux.
Sans doute trouvait-il qu'il s'était trop fait de violence aux jours de sa poursuite amoureuse, c'est-à-dire durant plusieurs mois, en sacrifiant, contre son habitude, au fer à friser et aux cosmétiques.
Victorine, qui, à cet instant même, apportait de l'eau chaude, resta stupéfaite. Toutefois, elle crut utile d'annoncer à son maître qu'on avait déjà vu Mme la baronne en course dans le parc, bien qu'il ne fût pas sept heures du matin.
—Madame sort de bien bonne heure! glissa sournoisement à l'oreille du baron l'ex-servante-maîtresse.
—C'est qu'elle aime la nature! répliqua le Normand, qui ne voulait pas paraître étonné.
Sans ajouter un mot, au grand étonnement de Victorine, il continua à se savonner le menton d'un geste ample et symétrique, se bouchant les lèvres avec la mousse du pinceau à barbe, ce qui lui donnait l'air d'un masque de plâtre fendu d'un coup de sabre.
Victorine pensa que son maître devait être bien préoccupé pour qu'il ne lui prît pas la taille, comme il le faisait aux bons jours.
—Oh! fit-elle d'un air pincé, comme vous voilà grave et sage, aujourd'hui!