—Si vous saviez, dit le baron, comme mon cœur s'épanouit à l'entendre rire.
Cette simple parole révéla à Charaintru que l'on ne riait pas tous les jours à Bois-Peillot.
Aussi ne fit-elle pas éclore en lui le désir d'y revenir fréquemment. Sa philanthropie n'allait pas jusque-là.
Une seule chose l'aurait décidé, un déjeuner comme le déjeuner d'autrefois. Ce fut à cette considération que Pauline dut de le retenir un peu plus longtemps.
A deux heures, le gommeux prit congé de ses hôtes:
—Vous n'oubliez pas M. Romagny? dit la jeune femme en lui serrant la main.
—Aujourd'hui même, je lui écris...
—J'espère que vous ne vous plaindrez plus de moi... dit le baron à Pauline, quand Charaintru fut parti. Pourriez-vous trouver amant ou serviteur plus obéissant que moi?
—Je vous remercie, répondit simplement Pauline.
De ce jour, elle sembla moins triste. On eût dit qu'elle était soutenue par un espoir qu'elle n'avouait pas et une résolution désormais bien arrêtée.