—Ah! ça... une fois pour toutes... déclara le baron qui décidément regimbait, se demandant s'il n'avait pas affaire à un fou, m'expliquerez-vous où vous voulez en venir?

—Parfaitement, dit le sculpteur, et nous allons sur l'heure donner à Charaintru la mission de nous concilier... Il va nous entendre et prononcera en qualité d'arbitre...

—Messieurs, dit Pottemain en haussant les épaules et en faisant mine de retourner, je vous demande pardon, mais ma femme m'attend...

—Elle vous attendra encore, dit l'artiste... Soutiens le pas! ajouta-t-il en sourdine, en s'adressant au vicomte.

—Messieurs, dit Charaintru, une dernière fois je vous exhorte à une franche réconciliation.

—Moi, fit le baron, je ne demande que cela... si monsieur veut bien m'exprimer le moindre regret des choses désagréables qu'il m'a dites...

—L'expression de ce regret, repartit Romagny, doit être le résultat d'un mûr examen. Un tribunal d'honneur est constitué... qu'il fonctionne!

—La nuit est belle, assurément, fit le baron, mais le tribunal d'honneur, représenté par M. de Charaintru, ne trouvera pas plus de solution dans le parc que dans mon château... Libre à vous de me suivre... mais je rentre chez moi... D'ailleurs, les meilleures plaisanteries deviennent mauvaises quand elles durent trop... J'ai montré jusqu'ici beaucoup trop de patience, à mon gré... Que M. Romagny me fasse ou non des excuses... que M. Charaintru les rédige ou non par écrit... cela m'importe guère... Pour ma part... J'oublie volontiers ce qui s'est passé et je m'en tiens-là... Bonsoir!

—Un moment, monsieur le baron, dit alors le sculpteur, il est enfin temps de vous détromper sur mes véritables intentions...

—Ah! vous avouez que vous avez voulu plaisanter...