—Cela était plus facile à prédire que la mort de Mme Pauline Pottemain, objecta ironiquement le baron, qui haussait les épaules.
—Voyons, dit l'artiste, vous n'êtes pas sans avoir parlé, l'hiver dernier, de votre mariage prochain à quelque femme de vos relations. Vous le rappelez-vous?
—Cela se peut, dit Pottemain, mais à laquelle de ces femmes?...
—Et cela peut avoir déplu à quelqu'une d'entre elles ayant fondé des espérances sur votre fidélité.
—Cela se peut aussi...
—Eh bien alors... ne me questionnez plus! Je poursuis... De la première baronne vous n'eûtes pas d'enfant, mais vous vous étiez fait mutuellement l'abandon de votre fortune... au dernier survivant. Cette générosité, ajoutait-on, ne vous coûtait pas cher, à vous, qui n'aviez pu conjurer la vente de Bois-Peillot par vos créanciers qu'avec les espèces sonnantes de votre femme... Toujours la suite de cette calomnie!... Bref, ce fut la baronne qui mourut la première, soignée et dépêchée dans l'autre monde par un officier de santé, d'une crasse ignorance et pourtant le docteur de votre choix... celui qu'on nomme M. le docteur Marsay!
—Mais c'est odieux! s'écria le baron furieux, je n'ai jamais eu d'autre médecin que cet excellent Marsay... et voyez comme je me porte!
—Vous omettez la nature, cette bonne mère! dit Romagny en pinçant la taille du baron, de l'air de le congratuler. Avec votre corpulence...
—Ma nature en effet a résisté à de cruels assauts, répliqua, mélancoliquement cette fois, le baron Pottemain. Mais que voulez-vous que je fasse des sornettes de ce domino?
—Votre profit! dit le sculpteur. Un homme averti d'une trame ourdie contre sa réputation...