A sa droite, juchée sur un remblai d'où elle dominait tout Paris, se dressait la villa Girardon.

A sa gauche s'élevait une riante habitation, à demi cachée par un rideau de verdure.

L'étrangère se décida enfin; elle se dirigea vers la porte de la maisonnette et sonna. On entendit crier le sable des allées et une femme vint ouvrir.

—Mme Verdalle, s'il vous plaît?

—Ce n'est pas ici, madame.

—Comment, repartit vivement l'inconnue, ce n'est pas ici que demeure Mme Verdalle... qui tient une pension de famille...

—Vous voulez parler de l'ancienne propriétaire, sans doute, dit la servante, la pauvre dame est morte, il y a tantôt deux ans et c'est mon maître, un artiste du Palais-Royal, M. Vertellier, qui a acheté la maison... et qui y demeure...

—Je vous remercie, balbutia la dame en noir dont la voix s'étranglait, je vous remercie... et je vous demande pardon de vous avoir dérangée...

—Y a pas d'offense! fit la servante, en refermant la porte.

De son même pas accablé et pesant, l'inconnue reprit le chemin qu'elle venait de parcourir, mais, arrivée à la rue Caulaincourt, ses forces parurent l'abandonner et elle se laissa tomber sur un banc. Elle resta là, comme abîmée dans une muette douleur, la poitrine soulevée par les sanglots qui l'oppressaient.