Mais il fallait vivre et elle était venue passer quelques jours à Paris pour voir si elle ne trouverait pas dans la grande ville le moyen d'utiliser son talent de musicienne.
La mère Lafeuille approuva fort ce projet et promit à la jeune femme de s'entremettre pour lui procurer, le cas échéant, des leçons de piano.
Elle habitait le quartier depuis de longues années, elle connaissait tout le monde et elle serait heureuse de pouvoir être utile à l'aimable sœur d'un de ses meilleurs locataires.
Marguerite remercia avec effusion la brave femme. Elle avait l'air radieux, quand Raymond rentra à cinq heures du soir.
Toutefois, elle ne souffla pas mot à son ami de la conversation qu'elle avait eue avec la mère Lafeuille et de ses nouvelles espérances...
Ils partagèrent tous les deux, en tête-à-tête, un dîner que Marguerite tint à préparer elle-même dans la petite cuisine.
Comme ils achevaient leur repas:
—Que vous êtes bonne et gentille! fit Raymond, et quelle maîtresse de maison vous feriez!
Marguerite ne releva pas ce propos et le jeune homme resta silencieux.
Quelque effort qu'il fit pour réagir, il se sentait troublé profondément, et un orage commençait à gronder dans son cœur, à la pensée surtout du silence obstiné gardé par la jeune femme sur son passé.